Une lutte pour l’égalité toujours d’actualité
Olympe
Par Alexandra Vépierre
Le 02/04/2025
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Enfermée dans la cellule de la prison où elle attend son procès, Olympe de Gouges se remémore sa vie et ses combats. Affaiblie mais toujours irrévérencieuse, la militante n’a pas perdu de sa colère et de sa gouaille. Dans ce monologue écrit par Franck Salin à partir des oeuvres et de la correspondance d’Olympe de Gouges, la pièce permet de découvrir la vie et les pensées de cette pionnière du féminisme, dont on ne connaît souvent que la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. On la découvre alors autrice d’une œuvre prolifique, et fervente abolitionniste, luttant à travers ses pièces contre la traite négrière.
Sur le plateau épuré, la militante s’adresse tour à tour au public, à Robespierre, à son père. Au centre, son lit devient successivement une barque puis l’estrade soutenant la guillotine, tandis qu’en fond de scène, des images projetées permettent parfois de s’extraire de la prison, au gré de ses souvenirs.
Faire jouer le rôle d’Olympe de Gouges à la guadeloupéenne Firmine Richard est éminemment politique. Entre des phrases en créole et en occitan, ses envolées sur l’égalité et la France sonnent différemment et prennent plus de relief. Où sont passés les principes de la Révolution française, les droits des hommes et femmes dans les Outre-mer ? L’accent guadeloupéen résonne avec les confessions d’une Olympe montalbanaise, raillée pour ses manières provinciales et son accent chantant. Si lorsque j’étais présente, la prestation était parfois maladroite -Firmine Richard butant beaucoup sur ses mots-, elle était d’une grande sincérité, l’actrice finissant en larmes sous les applaudissements.
La musique participe aussi à ce mélange des cultures, grâce aux reprises d’œuvres de Bach ou du Chevalier de Saint-George, par des musicien.nes au violoncelle et au tambour gwoka, une percussion traditionnelle de la Guadeloupe. J’aurais d’ailleurs bien aimé que cette musique soit plus présente, et qu’elle ne se serve pas que d’interlude entre les scènes.
Olympe
Par la Compagnie du Grand Carbet, dans une mise en scène de Franck Salin, et une musique de Edmony Krater.
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