Subventions et intermittence :
tout sur l'économie du spectacle
Scène 5 - L'illusion économique
Par Alexandra Vépierre
Le 7/07/2020
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Comment les théâtres sont-ils financés ? Qu’est-ce que le statut d’intermittent et qui y a droit ? Le théâtre va-t-il pouvoir se relever de la crise actuelle ?
Ce sont les questions que l’on posées à Martial Poirson, professeur d’histoire culturelle, de littérature et d’études théâtrales à l’Université Paris 8. Il est également auteur de plusieurs ouvrages, dont Spectacle et économie à l’âge classique et Économie du spectacle.
Condamné à être toujours déficitaire [2.54], le modèle économique du spectacle vivant repose en grande partie sur les financements de l’Etat [4.18]. Cette subvention destinée aux théâtres publics permet de garantir l’audace artistique et de conserver des prix abordables pour les spectateurs [7.09]. De leur côté, les théâtres privés ont un modèle complètement différent car ils sont obligés d’être rentables, ce qui explique les différences de pratique entre le public et le privé [10.23].
Le statut d’intermittent
Martial revient ensuite sur le statut d’intermittent du spectacle, qui est lié au caractère atypique du travail dont une grande partie de l’activité ne se déroule pas sur scène et n’est donc pas rémunérée [12.52]. Mais ce régime exclut les jeunes créateurs qui ne peuvent pas y accéder dès le début de leur carrière. [18.25]
« L’intermittence n’est pas un privilège. C’est un statut d’emploi qui permet de prendre en compte le caractère extrêmement atypique du travail. C’est la contrepartie du risque. »
Ce modèle économique fait aujourd’hui [2020] face à la crise sanitaire qui a contraint les théâtres à fermer [23.51]. Si l’Etat a annoncé quelques mesures dont l’année blanche, Martial note le manque d’informations et l’insuffisance des décisions prises [25.54]. L’impact sur le secteur est très important et met aussi en avant les lacunes de ce modèle. Parmi elles, la baisse d’ambition culturelle de l’Etat et le flou total qui encadre la création sur le numérique [29.57]. Pendant le confinement, les profesionnel·les du théâtre ont continué à travailler notamment sur les réseaux sociaux, or leurs prestations ne sont pas rémunérées. Le même problème se pose pour les captations qui ont été mises en ligne gratuitement, sans permettre la rémunération des artistes [34.31]. La nécessité d’inventer de nouveaux modèles s’avère indéniable.
« Le temps de présence en scène du comédien est la partie émergée de l’iceberg de son travail. Le comédien est en travail tout le temps. Il est en permanence en recherche. »
Œuvre conseillée : Le présent qui déborde de Christiane Jatahy
Références et notions citées :
- La richesse des nations d’Adam Smith
- Loi de Baumol par Baumol et Bowen
- Festival Impatience du Centquatre destiné au théâtre émergent

Avec Martial Poirson
Professeur d’histoire culturelle, de littérature et d’études théâtrales à l'Université Paris VIII Vincennes - Saint-Denis, il y dirige l’équipe de recherche « Histoire, politique et socio-économie des arts, de la culture et de la création ». Il intervient également à New York University et dans plusieurs grandes écoles. Ses recherches portent sur les politiques culturelles, la socio-économie des arts et l’anthropologie des représentations. Il a publié plusieurs ouvrages, dont Spectacle et économie à l’âge classique, Économie du spectacle (avec I. Barbéris) ou encore Politique de la représentation.
Crédits :
Générique réalisé par Thomas Rodriguez
A partir de la musique : Winters Call
Auteur : Mattias Westlund
Source : http://mattiaswestlund.net/
Licence : https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d’informations.
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